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Room for narrative writing

Il y avait bien une ombre and ce tableau. Dans la meme vitrine, souvent, juste au-dessus de mes produits, je voyais accrochees des marines que je trouvais, comme la plupart des Havrais, degoytantes. Et j'etais, dans mon for interieur, tres vexe d'avoir and subir ce contact, et je ne tarissais pas en imprecations contre l'idiot qui, se croyant un artiste, avait eu le toupet de les signer, contre ce "salaud" de Boudin. Pour mes yeux, habitues aux marines de Gudin, aux colorations arbitraires, aux notes fausses et aux arrangements fantaisistes des peintres and la mode, les petites compositions si sinceres de Boudin, ses petits personnages si justes, ses bateaux si bien grees, son ciel et ses eaux si exacts, uniquement dessines et peints d'apres nature, n'avaient rien d'artistique, et la fidelite m'en paraissait plus que suspecte. Aussi sa peinture m'inspirait-elle une aversion effroyable, et, sans connaitre l'homme, je l'avais pris en grippe. Souvent l'encadreur me disait: "Vous devriez faire la connaissance de Monsieur Boudin. Quoi qu'on dise de lui, voyez-vous, il connait son metier. Il l'a etudie and Paris, dans les ateliers de l'ecole des Beaux-Arts. Il pourrait vous donner de bons conseils".

On se trompait. Les sept annees qui paraissaient si dures and tant d'autres me paraissaient and moi pleines de charmes. Un ami qui etait un "chass d'Af" et qui adorait la vie militaire, m'avait communique son enthousiasme et insuffle son goyt d'aventures. Rien ne me semblait attirant comme les chevauchees san fin au grand soleil, les razzias, le crepitement de la poudre, les coups de saber, les nuits dans le desert sous la tente et je repondis and la mise en demeure de mon pere par un geste d'indifference superbe. J'amenai un mauvais numero. J'obtins, sur mes instances, d'etre verse dans un regiment d'Afrique et je partis.